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Après les élections en Arménie, à quoi faut-il s’attendre pour la géopolitique au Caucase ?

  • Photo du rédacteur: Antoine Quiquempoix
    Antoine Quiquempoix
  • 16 août
  • 3 min de lecture
Foule brandissant des drapeaux arméniens devant une cathédrale illuminée au crépuscule, ambiance festive et solennelle.
Crédits: Associated Press / Anthony Pizzoferrato

Le 7 juin 2026, l’Arménie a renouvelé les membres de son Assemblée nationale, confirmant l’orientation pro-occidentale de Erevan et permettant au Premier ministre Nikol Pashinyan de poursuivre sa politique dans le Caucase. À la suite d’une mobilisation sans précédent de la population arménienne — avec un taux de participation de 59 % — le parti pro-européen Contrat civil l’a emporté avec 49,8 % des voix, devant l’alliance pro-russe, qui a obtenu 23,3 %. Après les élections législatives contestées de 2024 en Géorgie et le tournant pro-russe de Tbilissi, les élections arméniennes étaient particulièrement observées du côté européen.

Déjà marqué par les ingérences extérieures russes, le Caucase constitue en effet une zone de tensions et de conflits depuis la chute de l’URSS. À la croisée de l’Europe et de l’Asie et soumises à l’influence russe, la Géorgie et l’Arménie ont manifesté leur volonté profonde de rejoindre l’Union européenne, tandis que l’Azerbaïdjan a renforcé ses partenariats diplomatiques avec l’UE de manière plus pragmatique — principalement par le biais d’accords énergétiques.

 


Les implications des élections pour la politique étrangère de Erevan:


Bien que l’opposition pro-russe ait fait son entrée au Parlement avec un poids politique significatif, les Arméniens ont choisi de poursuivre dans la voie tracée par Nikol Pashinyan. Cette confiance renouvelée dans son approche pourrait permettre de créer une nouvelle dynamique en faveur de la paix avec l’Azerbaïdjan — à condition que Bakou adopte une démarche réciproque — tout en renforçant l’intégration du Caucase à l’Europe. Toutefois, ce rapprochement avec l’UE semble également dépendre de la position de Tbilissi — qui a interrompu son processus d’adhésion — limitant ainsi dans une certaine mesure l’idée d’un Caucase uni et réduisant la portée symbolique de l’orientation choisie par Erevan.

Dans le même temps, ces élections semblent avoir donné à Erevan la possibilité de poursuivre la diversification de ses partenariats tout en évitant une rupture brutale avec Moscou. Toujours dépendante de la Russie, l’Arménie pourrait désormais renforcer davantage ses liens avec l’Union européenne tout en réduisant sa dépendance à l’Union économique eurasiatique (UEE). Cette évolution pourrait également consolider le tournant démocratique de Erevan et maintenir l’importance du Caucase en tant que corridor essentiel entre l’Union européenne et l’Asie centrale, ce qui pourrait encore réduire les leviers d’influence de la Russie dans la région.

 


Un équilibre géopolitique réévalué dans le Caucase:


Comme indiqué précédemment, le résultat de ces élections donne à Erevan la possibilité de poursuivre son « rêve européen ». Alors que la Russie a perdu une partie de son emprise sur l’Arménie — tout en conservant une influence importante sur la Géorgie — l’environnement régional semble toujours partagé entre l’Union européenne et la Russie. Toutefois, le renforcement du partenariat entre l’Azerbaïdjan et l’UE pourrait également offrir à l’Arménie et à l’Azerbaïdjan l’occasion de développer une dynamique en faveur de relations politiques et économiques plus étroites avec l’Union européenne et, éventuellement, de réduire leur dépendance à l’égard de la Russie.

Par ailleurs, face à un partenaire arménien devenu plus prévisible, la Türkiye pourrait également sortir renforcée de ces élections. Le processus de normalisation engagé entre Erevan et Ankara semble susceptible de se poursuivre et de s’intensifier, ce qui profiterait à la stabilité régionale tout en permettant davantage à la Türkiye de s’imposer comme un acteur clé de la coordination entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

 


Conclusion:


En conclusion, les élections arméniennes de juin 2026 ne semblent pas entraîner un réalignement géopolitique soudain, mais plutôt confirmer et consolider la trajectoire de Erevan : une stratégie pro-occidentale de diversification des partenariats sous la direction du Premier ministre Nikol Pashinyan. À l’échelle du Caucase, ce résultat semble contribuer à réduire davantage les leviers d’influence de la Russie sur Erevan, tout en ouvrant la voie à un approfondissement des relations avec l’Union européenne et en renforçant le processus de normalisation entre l’Arménie et la Türkiye. Toutefois, maintenant que l’orientation de Erevan est clairement établie, la nouvelle variable réside dans la capacité de Bakou, d’Ankara et des autres acteurs extérieurs à traduire le résultat de ces élections en accords concrets, sans provoquer de réactions hostiles sur le plan intérieur ni de chocs extérieurs susceptibles de raviver l’instabilité régionale.



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